Comment a été géré le devenir de la piscine d’été au sein de notre conseil municipal ?

Comment a été géré le devenir de la piscine d’été au sein de notre conseil municipal ?

 Il ne l’a pas été!

 

 

Petit rappel historique :

 

  • 2000 : l’intercommunalité des Portes d’Auvergne met en service son complexe aquarécréatif doté entre autres d’une piscine extérieure de 700 m² de bassin. Quelques malfaçons se révèlent qui sont rapidement réparées.
  • Le succès est rapide : 18116 entrées dès le 1er été et une moyenne de 22301 entrées sur les cinq premiers étés.
  • Vers 2013 des problèmes de surconsommation d’eau commencent à apparaitre, au début difficiles à estimer car une piscine peut perdre naturellement par évaporation 3% par jour de son volume d’eau ce qui représente pour notre piscine de 1038 m³  environ 31 m³/j sans compter les éclaboussures des plongeons et toboggans qui peuvent être très importantes les jours d’affluence et très difficiles à évaluer (la normale se situerait à environ 50 litres par baigneur en moyenne pour la piscine et 40 litres pour le toboggan)  . La consommation moyenne d’eau était jusque-là d’environ 4000 m³/été soit 67 m³/j. Des pertes normales pour plus de 60 jours de fréquentation peuvent donc représenter environ 1860 m³/saison pour l’évaporation, 1110 m³/saison pour les éclaboussures piscine et 900 m³ pour le toboggan soit environ 3900 m³ par été. La consommation moyenne de 67 m³/j jusqu’en 2013 entrait donc dans la moyenne nationale.
  • La piscine est creusée sur une couche très épaisse d’argile pure (15 à 17 mètres) qui se comporte comme une grande réserve étanche ne permettant que très difficilement l’absorption dans la terre de ces premières fuites. La terre fortement humectée sous la piscine a donc entraîné des mouvements autour des conduits d’eau, accentuant toujours plus les dégâts. Cette étanchéité par rapport à la nappe phréatique avait amené à un essai de récupération de l’eau chauffée qui s’échappait. Ce système « D » a ainsi permis de compenser les pertes en attendant des travaux plus conséquents pour remettre le réseau dans l’état où il se trouvait les premières années de fonctionnement.
  • 2017 : la piscine est reprise par l’Agglo qui n’entend pas, assez logiquement, voir perdurer ce système de récupération d’eau chauffée provenant des fuites.
  • 2018 : ce système est arrêté, les fuites et l’évaporation doivent alors être compensées par l’eau de la ville (donc froide) ; la consommation d’eau de la ville passe de 6038 m³ à 11845 m³. Les fuites récupérées sur l’argile s’élevaient donc à 5807 m³. Cette consommation de 11845 m³ d’eau peut représenter une fuite d’environ 11845 m³ – 4000 m³ de consommation normale soit environ 7845 m³ correspondant à une fuite de 131 m³/j. Cela entraîne un fort refroidissement de l’eau à 20-21° ce qui crée une grande désaffection de la piscine.
  • Février 2019 : L’Agglo organise un audit technique de la piscine avec Cérène D2X; le maire de la commune, Denis Eymard pourtant promoteur du projet en 2000, n’est ni invité à participer à cet audit ni informé par nos deux représentants à l’Agglo Marie-Pierre Vincent et Laurent Duplomb.
  • Août 2019 : dans un article de l’Eveil du 8 août 2019 nous apprenons que toutes les fuites accessibles repérées en 2018 ayant été réparées, nous serions revenus à la normale en 2019 avec un ajout en eau de 50 à 80 m³/j (la consommation normale jusqu’en 2013 était de 67 m³/j). Le Président de l’Agglo Michel Joubert réfute désormais toute idée de fuite, il dit : « Pour moi, il s’agit plus de grosses évaporations, accentuées par la canicule. Sur un bassin comme ça, avec des pierres jointées, il y a forcément des pertes d’eau, mais nous allons quand même chercher d’où vient le problème» https://www.leveil.fr/saint-paulien-43350/actualites/encore-une-fuite-a-la-piscine-de-saint-paulien_13620428/
  • Septembre 2019 : Malheureusement 9264 m³ ont été consommés cet été ce qui fait apparaître pour 60 jours une fuite probable d’environ 87 m³/j (154 m³/j consommés – 67 m³/j de consommation normale). Comme il ne souhaite pas voir disparaître ou amoindrir sa piscine d’été sans réagir, le maire me charge en tant que conseiller, d’étudier de près cette situation et de lui remettre un rapport. Dans le cadre de cette étude, le responsable de la piscine, Rémy Debard, transmet à la mairie les conclusions du rapport d’audit de Cérène D2X.DIAGNOSTIC piscine de ST PAULIEN Cérène
  • L’étude de ce rapport de 89 pages montre  qu’il sera sans doute inévitable de refaire la piscine et une partie des aménagements techniques. Tout l’enjeu est de savoir quelle dimension de piscine extérieure serait proposée en remplacement. Ce rapport s’appuie sur des chiffres plus que discutables en nombre d’entrées qui sont la conséquence des problèmes de désaffection dus à l’absence de toboggan et à l’eau froide : https://www.leveil.fr/saint-paulien/faits-divers/2018/08/01/la-piscine-de-saint-paulien-perd-200-m3-d-eau-par-jour_12940074.html?fbclid=IwAR06EcGRDyxB6mCOSmAyNR9BxMshCKB7NnHOGhuLU4gwiRpf2KWocXse7uo   ; le chiffre de 10500 entrées prises dans ce rapport est très éloigné de la moyenne sur 13 ans de 21313 entrées constatées les 13 premières années d’exploitation lorsque tout fonctionnait normalement. Ces 10500 entrées risquent de réduire artificiellement et anormalement l’investissement du futur projet si l’Agglo suit les conseils de Cérène D2X: « La quantité des travaux est telle qu’il convient de se poser la question de la portée de ces investissements.
    • Le concept de pôle touristique justifiait le dimensionnement du bassin toutefois ces ouvrages sont aujourd’hui désaffectés ;
    • L’ouvrage comptabilise environ 10 500 entrées entre les mois de juin et d’août inclus avec un pic de fréquentation de 5 684 entrées en août soit une moyenne de 190 environ par jour ouvrés rapportés à 700 m² de bassin. Il apparait à la lecture de ce chiffre que la superficie des plans d’eau extérieur est surdimensionné».
  • De plus, malgré tous les aléas rencontrés en 2017, le tableau d’évolution des charges et des recettes du rapport Cérène montre pour juillet-août environ 117000 € de charges pour 30000 € de recettes (déficit d’environ 87000 €). Cérène D2X conclut pourtant à un déficit « dans la moyenne des équipements aquatiques français ». La moyenne des recettes pour les 13 premières années d’exploitation était de 89182 €. Il serait donc plus exact de parler d’un déficit de 28000 €, 3 fois moins élevé donc bien plus favorable que la moyenne des équipements aquatiques français. Ces conclusions ont été communiquées, à la demande du maire, aux conseillers municipaux et communautaires.
  • 3 janvier 2020 : démission du Maire Denis Eymard pour raisons de santé. Plus jamais, jusqu’au récent constat de sa démolition par l’Agglo, le sujet de la piscine ne sera abordé en conseil par nos représentants : la Conseillère départementale, Maire Marie-Pierre Vincent et le Sénateur Laurent Duplomb. Nous ne sommes informés que par la presse.

 

En conclusion le dossier de la piscine d’été révèle deux problèmes :

 

  • Un disfonctionnement grave et antidémocratique sur le plan du dialogue entre nos représentants au conseil communautaire et les conseillers municipaux
  • Une opacité totale entre les décisions prises par l’Agglo et sa population (aucune mention dans les comptes rendus) et les conseils municipaux. Pourtant le 22 juin 2020 tous les conseillers municipaux des 72 communes de l’Agglo avaient reçu le message suivant : « …suite à la loi relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique “Les conseillers municipaux des communes membres d’un EPCI qui ne sont pas membres de son organe délibérant seront informés des affaires de l’établissement faisant l’objet d’une délibération”; ainsi il vous est demandé également de remplir une fiche signalétique par conseiller municipal (en pièce jointe) ». Cela fait donc 9 mois que nous avons renvoyé ces fiches signalétiques mais aucune information ne nous a jamais été communiquée. L’Agglo pourrait au moins respecter la loi…

 

Il ne reste plus qu’à espérer qu’un dialogue constructif s’instaure au sein du conseil municipal avec nos délégués communautaires, que l’Agglo prenne en compte, dans le projet de remplacement de la piscine d’été, les chiffres des 13 premières années de fonctionnement afin que Saint Paulien retrouve un bassin extérieur équivalent au précédent en pouvoir d’accueil.

 

 

 

Louis Lanthéaume

 

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